Image du film Refugiado

Refugiado : violences conjugales

Critique

Refugiado

Un peu égaré dans la parabole politico-sexuelle avec L'Œil invisible (qui brodait sur la dimension érotique de la junte de Videla) présenté à la Quinzaine des Réalisateurs il y a quatre ans, l'argentin Diego Lerman revient avec ce beau Refugiado à une forme plus modeste mais plus directement efficace.

Le film s'ouvre par une séquence qui relève d'un classique traumatisme enfantin : à la fin d'un anniversaire, un petit garçon attend vainement que ses parents viennent le chercher. Les voisins trouveront sa mère blessée dans l'appartement, rouée de coup par un compagnon violent. Commence alors une errance qui va mener le petit garçon et sa mère de refuge en hôtel pour échapper au père qui les recherche, alternant séquences de tension et moments de répit. L'idée-maîtresse de Diego Lerman est de laisser hors-champ, tout au long du film, la figure du père violent… La menace toute proche qu'il représente n'en est que plus présente, s'instillant d'autant mieux dans l'esprit du spectateur que les cadres serrés enferment métaphoriquement la mère et le fils en fuite. Le père devient ainsi un réceptacle imaginaire dans laquelle chacun pourra projeter ses peurs, et Refugiado s'avère un des films les plus efficaces sur le fléau des violences conjugales, sans avoir eu à montrer un seul acte de violence.

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