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The Homesman : ce pays n'est pas pour les jeunes femmes

Critique

The Homesman

"No country for young women", ce pays n'est pas pour les jeunes femmes, semble nous dire Tommy Lee Jones, pour paraphraser le titre du roman de Cormac McCarthy (et de son adaptation par les frère Coen). En racontant le périple de Mary Bee Cudy (Hillary Swank) et George Briggs (T. L. Jones), convoyant vers une institution de charité de l'Est trois jeunes épouses rendues folles par la dureté de la vie dans les "Territoires" (ces étendues dépeuplées ne sont alors pas des états à part entière), l'acteur et réalisateur (Trois enterrements) livre un western féministe, qui montre le lourd tribut payé par les femmes à la "conquête de l'Ouest".

A rebours du chemin glorieux des pionners, tant célébré par le cinéma américain, le nouveau film de Tommy Lee Jones voyage d'Ouest en Est, des étendues sauvages à la civilisation. La narration de la première partie est brouillonne (le spectateur mélange les histoires des trois aliénées, se perd entre passé et présent, entre réel et imaginaire), l'opposition entre Tommy Lee Jones et Hillary Swank a un air de déjà vu (le "couple" du True grit des frères Coen avait plus de chien), tout comme les péripéties du voyage (la rencontre avec les Indiens ou celle avec un inconnu malfaisant). Mais en insistant sur la concrétude des éléments (la neige, omniprésente), la sévérité des paysages des grandes plaines, la litanie des besoins essentiels (boire, manger, uriner, dormir, avoir chaud…), le film affiche une modestie qui finit par devenir attachante… avant de nous cueillir par un rebondissement qui nappe sa dernière partie d'une belle et grave mélancolie…

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